Qui peut encore arrêter ces jeunes délinquants assimilés par l'opinion à une milice incontrôlable, dont les agissements finissent par embarrasser leur propre géniteur politique ? La « Force du Progrès », structure de jeunesse affiliée au parti présidentiel (UDPS), fait encore et toujours parler d'elle. Alors qu'ils avaient été officiellement reniés et promis à des poursuites judiciaires par le Secrétaire général de l’UDPS,
Augustin Kabuya, ces éléments sont revenus à la charge en prenant directement pour cible le quartier général de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO).
En effet, le siège de l'épiscopat a été littéralement pris d'assaut ce vendredi 26 juin 2026 par des vagues de manifestants se réclamant de ce mouvement d'autodéfense politique.
Ces jeunes en furie ont bloqué pendant plusieurs heures l'entrée principale du Centre Interdiocésain, situé dans la commune de la Gombe. Ils ont brûlé des pneus sur la chaussée et proféré des injures ainsi que des insanités d'une violence rare à l'endroit des évêques catholiques. Cette vive tension a totalement paralysé la circulation dans le périmètre administratif avant que les forces de la Police Nationale Congolaise (PNC) n'interviennent pour les disperser à coup de gaz lacrymogènes.
Un contexte de rupture constitutionnelle
Ces violations flagrantes surviennent dans un contexte de rupture ouverte entre le pouvoir exécutif et le haut prélat catholique. Quelques jours auparavant, la CENCO avait publié une déclaration officielle rejetant catégoriquement tout projet de changement ou de révision de la Constitution du 18 février 2006, qualifiant les velléités de la majorité de tentative de rupture du pacte républicain visant à offrir un nouveau cycle de mandats au président Félix Tshisekedi.
L'énigme de l'impunité collective :
Face à ce énième dérapage commis au cœur du centre des affaires de la capitale, la question que se posent désormais tous les observateurs et diplomates est de savoir comment cette structure, pourtant publiquement désavouée par les instances officielles du parti au pouvoir, peut continuer à opérer en toute impunité et à semer le désordre institutionnel sur le terrain. Le dossier suscite une indignation générale au sein de la société civile kinoise.
Betu Kumeso
