Le Vice-Premier Ministre, Ministre du Budget, Adolphe Muzito Mfumutshi, n'a pas hésité à afficher sa pleine confiance dans les perspectives économiques prometteuses de la République Démocratique du Congo.
Il fonde cette assurance sur la profondeur des réformes structurelles engagées depuis 2019 par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, lesquelles ont littéralement transformé la gestion des finances publiques et pourraient hisser le pays au rang de troisième puissance économique d'Afrique subsaharienne à l'horizon 2035.
Au cours de cet entretien exclusif, le patron du Budget a révélé que, malgré un contexte sécuritaire particulièrement complexe marqué par l'agression rwandaise et la guerre dans l'Est du pays, les indicateurs macroéconomiques attestent d’une amélioration soutenue de l'activité économique nationale.
Indicateurs de transformation (2019 - fin 2023) :
Le Produit Intérieur Brut (PIB) de la RDC est passé de 47 milliards USD en 2019 à environ **70 milliards USD** à la fin de l'exercice 2023. Dans le même intervalle, le budget national financé sur ressources propres a plus que doublé, tandis que les réserves de change à la Banque Centrale sont passées de moins de 1 milliard à **5,5 milliards USD**.
Ces avancées de premier plan sont la preuve du renforcement progressif de l'autonomie financière de l'État congolais qui, selon le VPM Muzito, tend à dépendre de moins en moins des financements extérieurs. Cette évolution est le fruit direct de la politique économique pragmatique menée sous l'impulsion présidentielle et mise en œuvre par le Gouvernement que dirige la Première Ministre, Judith Suminwa Tuluka.
Le comparatif macroéconomique de la relance
Les chiffres officiels consolidés et présentés par le ministère du Budget illustrent cette trajectoire de croissance :
| Indicateur Économique | Situation en 2019 | Situation à fin 2023 | Objectif / Projection (10 ans) |
|---|---|---|---|
| Produit Intérieur Brut (PIB) | 47 milliards USD | ~70 milliards USD | > 200 milliards USD (Horizon 2035) |
| Réserves de change (BCC) | < 1 milliard USD | 5,5 milliards USD | Renforcement de la couverture d'importation |
| Budget sur ressources propres | Base initiale | Multiplié par plus de 2 | Financement prioritaire des infrastructures |
| Taux de croissance annuel moyen | Fluctuant | Stabilisé | > 5 % (Moyenne décennale projetée) |
Diversification agraire et défis d'infrastructures
Cependant, pour matérialiser cette projection ambitieuse à l'horizon 2035, Adolphe Muzito Mfumutshi insiste sur la nécessité absolue d'accélérer la diversification économique par le développement intensif de l'agriculture et la modernisation accélérée de nos infrastructures de base. Il rappelle à ce sujet que le déficit chronique de routes de desserte agricole et du réseau ferroviaire constitue encore le goulot d'étranglement majeur à l'expansion de la production agraire.
En projetant une croissance moyenne supérieure à 5% par an au cours des dix prochaines années, la RDC portera son PIB au-delà de la barre des 200 milliards de dollars américains. Une telle dynamique est capable d'installer solidement notre pays sur la troisième marche du podium des économies les plus puissantes d'Afrique subsaharienne, juste derrière l'Afrique du Sud et le Nigeria.
Débat constitutionnel et confrontation politique
S'exprimant également sur les questions d'actualité politique nationale, notamment le projet de réforme de la Constitution en période de crise sécuritaire, le VPM du Budget s'est montré tranchant :
« Contrairement à la position exprimée par les évêques catholiques, les impératifs liés à la guerre ne doivent en aucun cas empêcher ou paralyser le débat sur nos institutions fondamentales », a affirmé Adolphe Muzito, regrettant par ailleurs que l'opposition ne nourrisse pas le débat public avec des contre-propositions écrites et concrètes.
Selon lui, le débat démocratique devrait prioritairement se focaliser sur la recherche de solutions idoines aux défis économiques, sociaux et sécuritaires, ainsi que sur les projets de société que la majorité et l'opposition entendent soumettre à l'appréciation souveraine du peuple congolais.
Vers un leadership d'infrastructure à long terme :
Interrogé sur ses projections économiques qui sous-entendent logiquement un possible prolongement d'action politique du Président Félix Tshisekedi jusqu'en 2035, l'interlocuteur a souligné sans détours la capacité d'impulsion du Chef de l'État à conduire les réformes économiques majeures du pays. Il a salué la volonté politique qui a permis d'opérer la transition historique d'un budget étatique essentiellement dévolu au fonctionnement administratif vers un budget de développement, aujourd'hui résolument orienté vers les infrastructures de connectivité et les investissements structurants.
Betu Kumeso
