De sources proches de la facilitation assurée par les Églises catholique et protestante, représentées par leurs chefs religieux, la voie menant à la convocation du dialogue national inclusif par le Chef de l'État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, peine à être balisée. Deux obstacles majeurs empêchent encore le lancement effectif de la machine organisationnelle.
1. La querelle du siège : Kinshasa ou l'étranger ?
Le premier point de divergence concerne le lieu de la tenue de ces assises. La ville de Kinshasa, proposée par le pouvoir, est vue d'un mauvais œil par une partie de l'opposition. Plusieurs figures de l'opposition en exil expriment des craintes pour leur sécurité, tandis que les acteurs en conflit ouvert avec la justice congolaise redoutent une arrestation à leur arrivée dans la capitale.
Une équation complexe :
L'exigence d'un terrain neutre par certains opposants se heurte à la position des autorités de Kinshasa, qui privilégient la tenue de ce forum souverain sur le territoire national.
2. La qualité des participants et l'ombre de la rébellion
Le second point d'achoppement porte sur le profil et le statut des personnalités devant participer à ces discussions, dont l'objectif central reste la résolution de la crise sécuritaire qui endeuille l'Est de la RDC depuis plus de trois décennies.
Faut-il associer aux débats sur l'avenir et la souveraineté du pays les acteurs accusés de crimes de masse ou liés aux intérêts rwandais ? La réponse oppose radicalement la classe politique. Pour plusieurs analystes, la présence parallèle des pourparlers de Doha complexifie la donne : faire admettre des représentants rebelles dans les zones sous contrôle gouvernemental semble difficilement réalisable.
En conclusion :
Plusieurs semaines après les annonces faites notamment autour des initiatives du Cardinal Fridolin Ambongo, les divergences sur la cartographie des participants et le choix de la ville hôte maintiennent la préparation du dialogue national dans une phase de piétinement.
CKM
